février 2026 | L’exposition « André Ravéreau, Leçons d’architecture » à Montpellier

L’exposition hommage, créée en 2019 à l’occasion du centenaire d’André Ravéreau sera inaugurée à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Montpellier (ENSAM) le 23 février prochain.

L’exposition sera accompagnée de deux évènements :

Mercredi 25 mars à 18h | Table ronde « Cultures constructives ou architecture vernaculaire ? »  avec :
– Maya Ravéreau, fille d’André Ravéreau et Manuelle Roche, architecte, œuvre à la transmission et à la diffusion des écrits théoriques, réalisations architecturales et photographies de ses parents ; cofondatrice d’ALADAR
– Jeanne Marie Gentilleau, amie d’André et de Manuelle, architectechercheure se consacre à l’architecture de terre, à l’étranger et en France ; cofondatrice d’ALADAR
– Pascal Baeteman, maçon, a travaillé avec André Ravéreau ; membre d’ALADAR
– Clément Gaillard, fondateur du bureau d’études Freio, spécialisé dans le design climatique.
La table ronde sera modérée par Daniel Bicho, architecte et enseignant à l’ENSAM.
Sur inscription pour les personnes extérieures à l’école.
La table ronde sera précédée de la présentation de l’exposition.

Mardi 24 mars 12h30 | « Conforts/inconforts dans l’habitat », séminaire de recherche organisé par le LIFAM, avec :
– Robert Célaire, ingénieur énergéticien, spécialisé dans la conception bioclimatique
– Mounia Bouali-Messahel, architecte diplômée de l’EPAU, docteure en urbanisme, enseignante à l’ENSA Paris-Val de Seine, ses travaux de recherches portent sur l’habitat et l’habiter au M’Zab ; membre d’ALADAR
Sur inscription pour les personnes extérieures à l’école.

Cet événement a été initié par le mouvement pour une Frugalité Heureuse et Créative. L’exposition sera visible jusqu’au 4 avril 2026.
+ d’infos : https://www.montpellier.archi.fr/evenements/exposition-andre-ravereau-lecons-darchitecture/

octobre 2025 | Table ronde : Transmission et héritages

Dans le cadre de l’exposition « André Ravéreau, Leçons d’architecture » présentée à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Toulouse, une table ronde a réuni des intervenants proches d’André Ravéreau pour témoigner :

  • Capucine Tournilhac : architecte-ingénieuse, ancienne stagiaire d’ALADAR auprès d’André Ravéreau à la ferme Raphanel
  • Jean-Jacques Horem : bâtisseur et cinéaste, ami d’André Ravéreau et Manuelle Roche. Il a collaboré avec eux sur plusieurs de leurs chantiers.
  • Pascal Baeteman : bâtisseur, ami d’André Ravéreau et Manuelle Roche. Il a collaboré avec eux sur plusieurs de leurs chantiers.
  • Maya Ravéreau : architecte, fille d’André Ravéreau et Manuelle Roche et co-fondatrice de l’association ALADAR suite au décès de Manuelle Roche.
  • Stéphane Gruet : architecte et enseignant à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Toulouse. Il a dirigé la revue Poïesis à laquelle André Ravéreau a contribué à plusieurs reprises.

Une contribution écrite de Philippe Lauwers (qui aurait du être présent mais s’est désisté pour des motifs personnels), architecte et ancien collaborateur d’André Ravéreau en Algérie, est lue par Jeanne Marie Gentilleau, ethno-architecte et urbaniste, amie d’André Ravéreau et Manuelle Roche, co-fondatrice de l’association ALADAR.

A la manière d’une mosaïque, ces différentes expériences auprès d’André Ravéreau révèlent de multiples facettes de son travail, formant une approche de l’architecture autant sensible que politique.

 

octobre 2025 | Conférence : Leçons du vernaculaire

Dans le cadre de l’exposition « André Ravéreau, Leçons d’architecture » présentée à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Toulouse, Manon Bublot, architecte et membre de l’association ALADAR, a donné une conférence intitulée « Leçons du vernaculaire ».

Il s’agit d’une conférence qu’André avait présentée à l’école d’architecture de Marne-la-vallée en 2016, dans le cadre du matinée d’étude autour de la thématique « Pratiquer l’informalité aux marges de la précarité ».

Malgré le titre, cette conférence ne porte pas sur des constructions dites vernaculaires mais sur la dernière réalisation d’André : une maison qu’il a construite pour lui et sa compagne Manuelle Roche, dans le sud de la Grèce continentale. Car pour André Ravéreau, le terme « vernaculaire » désigne, selon la définition première du terme, « ce qui est propre au lieu ».

Cette maison manifeste (bien que modeste), André s’est appliqué à la concevoir en suivant une démarche vernaculaire : la maison dans son ensemble et jusque dans ses moindres détails résonne avec le lieu – la condition méditerranéenne bien sûr, mais aussi la beauté du paysage – et les corps qui l’habitent. Elle n’imite pas les formes construites qui l’entourent par soucis de cohérence paysagère ou patrimoniale : elle répond à des besoins situés, et de cet équilibre émane une harmonie.

octobre 2025 | L’exposition « André Ravéreau, Leçons d’architecture » à Toulouse

L’exposition hommage, montée en 2019 à l’occasion du centenaire d’André Ravéreau, vient pour la première fois en Occitanie, à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Toulouse (ENSAT), dans le cadre du colloque organisé par la Chaire partenariale « Ressources – Transition – Innovations ».

Elle sera inaugurée le 6 octobre 2025, à l’occasion du workshop Toca Tierra, une semaine durant laquelle les étudiants de 1ère année sont invités à découvrir un matériau géo-sourcé, son histoire, son utilisation dans la construction lors d’expérimentation pratique, de visites, de conférences et d’une exposition. L’association ALADAR est marraine de cet évènement.

La présentation de l’exposition dans ce cadre permet de faire un pas de côté, cher à André Ravéreau : considérer – avant le matériau – la latitude, le climat, dont découlent l’architecture dite vernaculaire et les modes d’habiter.

L’exposition sera accompagnée de plusieurs évènements :

  • 1-3 octobre | Construction voûtée en briques de terre crue : une trentaine d’étudiants de master participeront à l’atelier de construction animé par Jean-Jacques Horem, maçon et cinéaste, et Antoine Fily, architecte et tailleur de pierre, tous deux membres de l’association ALADAR.
  • 6 octobre, 16h30 | Vernissage : Jeanne Marie Gentilleau, ethno-architecte et urbaniste, co-fondatrice de l’association ALADAR, présentera l’exposition et en proposera une visite guidée.
  • 6 octobre, 18h00 | Conférence : d’après une conférence d’André Ravéreau
    Manon Bublot, architecte et ancienne stagiaire auprès d’André Ravéreau, parlera des « Leçons du vernaculaire ». Conférence suivie d’un verre de l’amitié.
  • 7 octobre, 16h30 | Table ronde : échanges autour de la thématique « Transmission et Héritage » avec Pascal Baeteman, maçon, charpentier et ami d’André Ravéreau et Manuelle Roche ; Stéphane Gruet, architecte, enseignant à l’ENSAT et ancien directeur de la revue Poïesis ; Jean-Jacques Horem, cinéaste et maçon ayant œuvré sur des chantiers d’André Ravéreau ; Maya Ravéreau, architecte et fille d’André Ravéreau et Manuelle Roche ; Capucine Tournilhac, architecte, ancienne stagiaire auprès d’André Ravéreau.
  • 7 octobre, 18h30 | Film : Jean Asselmeyer présentera son film documentaire « André Ravéreau et l’Algérie, et le site créa la ville » qu’il a réalisé en 2016.

L’exposition sera visible dans la galerie du bâtiment d’accueil, jusqu’au 5 décembre 2025.

+ d’infos : www.toulouse.archi.fr/fr

événement 2025 | Réédition du livre « Le M’Zab une leçon d’architecture »

Nous avons le plaisir d’accueillir une nouvelle édition du livre « Le M’Zab, une leçon d’architecture » chez Parenthèses, paru en octobre 2024. Cette nouvelle édition est augmentée d’un avant-propos de Maya Ravéreau, et reprend davantage l’esprit de la première édition chez Sinbad, paru en 1981.

Nous vous partageons ici la recension de Thierry Vilpou pour la revue Europe, un bel article qui rappelle l’actualité de cet ouvrage.

événement 2020 | Retour sur l’exposition, « André Ravéreau, leçons d’architecture », à Marseille

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Du 1er Mars au 13 Avril 2019, s’est tenue à Marseille, à la Galerie Art Cade, l’exposition : « André Ravéreau, leçons d’architecture », hommage au travail d’André Ravéreau, à l’occasion du centenaire de sa naissance.
Présentée cette première fois à Marseille, elle poursuit maintenant sa route (Besançon, Rennes, Aubenas, …).

Cet article, qu’on peut retrouver ici, rédigé par Adrien Fontanell, journaliste marseillais du Ventilo, nous permet d’avoir un retour sensible sur le déroulement de cette exposition et des événements organisés alentour.

événement 2019 | Exposition : André Ravéreau, leçons d’architecture, à Besançon

À l’occasion du centenaire de la naissance d’André Ravéreau, l’association ALADAR a réalisé une exposition qui se tiendra dans différents lieux tout au long de l’année 2019. L’inauguration a eu lieu à Marseille au printemps 2019. L’exposition se poursuit à Besançon.


Du 8 novembre 2019 au 31 Janvier 2020
ANCIENNES CUISINES DE L’HÔPITAL SAINT-JACQUES
2, place Saint-Jacques 25000 Besançon
Ouverture au public le mardi, le mercredi, le samedi et le dimanche de 14h à 18h. Entrée libre.

VERNISSAGE le Vendredi 8 novembre à 18h30
Avec visite guidée de l’exposition par Jeanne Marie Gentilleau, ethnoarchitecte, co-commissaire de l’exposition.

Premières esquisses de la maison d'Akritochori

Premières esquisses de la maison d’Akritochori



AUTOUR DE L’EXPOSITION

– Vendredi 15 novembre 2019 à 18h
au Cinéma Victor Hugo

André Ravéreau et l’Algérie Présentation du film de Jean Asselmeyer, France | 2019 | 64 min.
dans le cadre du festival Lumières d’Afrique, en présence de Maya Ravéreau, architecte, fille d’André Ravéreau et Manuelle Roche. Tarif 5 euros

– Vendredi 29 novembre 2019 à 20h
à la Maison de l’architecture

le M’zab Exposé-échanges avec Ahmed Merghoub, docteur en sociologie, directeur de théâtre, natif du M’zab. Entrée gratuite

– Samedi 30 novembre 2019 de 14h à 18h
aux Anciennes cuisines de l’hôpital St Jacques

Atelier de construction ouvert à tous, mené par Jean-Jacques Horem, maçon et cinéaste, ami d’André Ravéreau. Tarif 5 euros, sur inscription.

– Mercredi 18 décembre 2019 de 14h à 17h
aux Anciennes cuisines de l’hôpital St Jacques

Atelier de construction Atelier de pratique, à partir de 8 ans, avec Étienne Chauvin, architecte-conseil CAUE du Doubs. Dans le cadre des Mercredis d’architecture. Tarif 5 euros, sur inscription, avec une adhésion annuelle par famille.



– Mardi 14 Janvier 2020 à 20h | à la Maison de l’architecture
La simplicité en architecture auprès d’André Ravéreau Exposé-échanges par Capucine Tournilhac et Jean Goizauskas, anciens élèves d’André Ravéreau. Entrée gratuite.



Une exposition à l’initiative de Maya Ravéreau, réalisée par l’association ALADAR.
Commissariat : François Cadiou, Jeanne Marie Gentilleau, Marta Pop
Scénographie : Anaïde Nayebzadeh
Avec : Sarra Benbader, Mounia Bouali, Manon Bublot, Jean Goizauskas, Pierre Guillaume, Jean-Jacques Horem, Djenina Illoul, Daniela Ruggeri, Capucine Tournilhac, Amel Zerourou.

Présentée par la Maison de l’Architecture de Franche-Comté 2 rue de Pontarlier à Besançon | 03 81 83 40 60 contact@maisondelarchi-fc.fr | https://maisondelarchi-fc.fr

événement 2019 | Exposition : André Ravéreau, leçons d’architecture

À l’occasion du centenaire de la naissance d’André Ravéreau, l’association ALADAR a réalisé une exposition qui se tiendra dans différents lieux tout au long de l’année 2019. L’inauguration aura lieu très prochainement à Marseille : informations ci-dessous.

Premières esquisses de la maison d'Akritochori

Premières esquisses de la maison d’Akritochori

DU 1er MARS au 13  AVRIL 2019

Art-Cade, galerie des grands bains douches de la Plaine
Du mardi au samedi 15h-19h
35 bis rue de la Bibliothèque – 13001 Marseille
www.art-cade.org

AUTOUR DE L’EXPOSITION

– Mardi 5 mars à 19h à la MAV (PACA)
TRANSMISSION, échanges à partir d’un chantier-école en Grèce.
– Samedi 16 mars à 14h à la galerie
GESTE, atelier de construction (sur inscription).
– Vendredi 22 mars à 19h à la galerie
REGARDS, table ronde avec la participation de Maya Ravéreau.

Une exposition à l’initiative de Maya Ravéreau.
Commissariat : François Cadiou, Jeanne Marie Gentilleau, Marta Pop – Scénographie : Anaïde Nayebzadeh –

Avec : Pascal Baeteman, Mounia Bouali, Manon Bublot, Caroline D’Arras, Jean Goizauskas, Jean-Jacques Horem, Djenina Illoul, Bernard Lab, Adam Nafaa, Daniela Ruggeri, Capucine Tournilhac, Amel Zerourou.

événement | Hommage à André Ravéreau en Céphalonie (Grèce)

Nous publions à la suite de cet article deux textes – le premier, de Maya Ravéreau, le second d’Emmanuelle Sinagra, consule de France en Céphalonie (Grèce) – qui retrace l’hommage rendu à André Ravéreau en Céphalonie cet été.

Hommage Céphalonie 01

Samedi 04 Août, les habitants de Sainte Euphémie en Céphalonie et leurs amis ont rendu un hommage particulier à mon père, André Ravéreau, pour le récompenser de sa participation à la reconstruction de la ville, après les tremblements de terre catastrophiques de 1953. Grâce au souvenir d’un habitant de l’île, Yangos Metaxas, qui se souvenait du nom d’André alors qu’il avait environ cinq ans à cette époque, Emmanuelle Sinagra, consule honoraire de France en Céphalonie a retrouvé sa trace via le site internet d’ALADAR. Malheureusement, c’était fin octobre 2017 et André venait juste de nous quitter. Ils m’ont invitée à cette cérémonie, dont j’aimerais vous faire partager quelques moments. Ce fut une cérémonie bien émouvante, on sentait André et Manuelle parmi nous.

Pour ceux qui parlent le grec, voici un lien vers un journal Grec sur lequel la cérémonie est retracée.

Maya Ravéreau

Une soirée du 04/08/2018 à Ste Euphémie très réussie. Celle-ci a commencé par les hymnes français et grec chantés à capella. Puis sur proposition de la Consule Honoraire de France, Emmanuelle Sinagra, la mairie de Céphalonie, représentée par le vice-maire M. Evangelos Kekatos et l’adjoint au maire de la region M.Michalis Gakis, ont baptisé une rue de Ste Euphémie du nom de «Démocratie Française – André Ravéreau» en la présence émue de la fille de cet architecte français, Mme Maya Ravéreau. Le vice-maire a ensuite voulu témoigner la reconnaissance de toute l’île aux travaux d’André après les séismes de 1953, en remettant à Maya, une plaquette commémorative.

La soirée s’est poursuivie par une description de Ste Euphemie, avant 1953, présentée par Mme Roula Moustaki, Pdte de l’association du village puis par une rétrospective de la vie professionnelle de l’architecte (c’est à Céphalonie qu’il a démarré sa carrière d’architecte indépendant, mandaté par l’état français pour reconstruire 2 villages détruits par les séismes dévastateurs de 1953. A l’époque, c’est la générosité de la population française qui avait permis ces travaux) avec une projection de photos inédites, de 1954 et 1955, prises par Manuelle Roche (connue à l’époque par les habitants sous le nom d’yvonne), la future femme d’André Ravéreau. Cette rétrospective était animée par Mme Sinagra et M.Oresti Kappatos. Leur fille, Mme Maya Ravéreau, lors de son allocution (traduite par M.Yangos Metaxa) a souligné que c’est à Céphalonie que ses parents s’étaient rencontrés et qu’elle avait été conçue.

La soirée s’est déroulée dans une ambiance chaleureuse et émue et était régulièrement entrecoupée de morceaux joués à la mandoline, sous la direction du maestro Socrate Benos, dont une superbe interprétation de l’hymne français. Cette jolie cérémonie s’est clôturé par quelques rafraîchissement mis à disposition gracieusement par la Chambre de Commerce de Céphalonie qui soutenait la manifestation et l’échange de quelques cadeaux. L’ensemble de la cérémonie a été orchestrée par le superbe duo franco-grec composé de Melles Hélène Kalafati et Zoï Spetsieri.

Emmanuelle Sinagra

événement | Simplicité et ostentatoire en architecture

Le 23 mars 2018, ALADAR a donné en partenariat avec le CAUE de l’Ardèche une conférence sur le thème de la simplicité volontaire en architecture. Ça a été l’occasion pour nous, amis et élèves d’André, de nous replonger dans une réflexion qu’il a ouverte autour de la question de l’ornement, du beau, de l’utile, de l’ostentatoire. Nous avons fait l’expérience de poursuivre cette réflexion dans son sillage, de mettre en lumière les interrogations qu’elle suscite, les parcours qu’elle nous invite à créer et à suivre.

affiche conférence CAUE

Nous publions ici des traces de cette réflexion, telles qu’elles sont ressorties durant la conférence :

Il nous semble qu’avec la question de la simplicité volontaire, André Ravéreau interroge la tension entre les deux pôles « simplicité » et « ostentatoire », entre lesquels oscille la volonté (ou l’absence de volonté) du constructeur. En quoi l’ostentation est-elle volontaire ? Peut-on vouloir être simple, ou la simplicité n’est-elle pas d’abord l’attribut de l’innocence ?

Nous retenons qu’une construction n’est simple que si ses principes structuraux sont clairs et discernables. Aussi, toute matière superflue (à l’image de colonnes qui sont là et pourtant ne portent rien) est à proscrire si l’on compte rester simple. La simplicité, c’est donc d’abord l’économie de matière.C’est ensuite une économie de moyens en temps, en énergie, en argent. Ne peut être vraiment simple une construction sur laquelle on se sera ni arraché les cheveux ni ruiné pour parvenir à grands frais à un effet d’épure.

André Ravéreau poursuit en interrogeant la notion de volonté. Il associe d’abord la simplicité à l’acceptation d’une certaine convention collective. Le pastiche, la contre-façon des dispositifs constructifs sont souvent un choix particulier, individuel. Une telle manière de maquiller un bâtiment est dangereuse pour la simplicité, pour l’astuce, pour le bon sens. En effet, à force de voir des détournements et des incohérences de ce genre, on finit par ne plus rien comprendre, par oublier le sens des dispositifs constructifs. Ces dispositifs forment un lexique, des mots qu’une grammaire constructive va associer pour composer un bâtiment, un abri. Si l’on mélange le sens des mots, si l’on oublie la grammaire, la langue s’effrite, elle se perd, on ne se comprend plus. Cela fait partie des raisons pour lesquelles les cultures disparaissent, par oubli progressif de leurs langues, que ce soit celle de la parole, celle de la construction ou encore celle de l’agriculture.

Il faudrait donc modérer l’individualisme pour privilégier des solutions communes, borner sa volonté personnelle aux règles établies par le groupe. Mais on voit tout de suite qu’une telle affirmation est vite dangereuse si elle est trop strictement associée à un jugement de valeur, qui ajouterait « faire bien, c’est faire avec le groupe ».

Il s’agit de ne pas tomber pas dans ce piège : si André Ravéreau rejette la gratuité de certaines initiatives individuelles, il n’a en revanche que de l’admiration pour toutes les nuances dont sont capables les habitants, à l’intérieur d’un même principe, d’une même logique constructive. Par ailleurs, nous retenons de lui l’habitude de juger les conventions collectives avec autant de sévérité que les initiatives individuelles. Dans certains cas il n’y pas de critique à faire, par exemple lorsqu’il ne s’agit finalement que de peinture, d’un ornement inoffensif en ce qui concerne la justesse des principes constructifs et la possibilité d’accéder à la simplicité.

Et puis, à l’intérieur de la convention collective (peindre son logis), les déclinaisons possibles sont parfois sont multiples et singulières. Ainsi, par volonté individuelle on fait le choix d’une couleur plutôt qu’une autre pour décorer son seuil ; par goût et par virtuosité, on s’adonne à reproduire avec soin les décors géométriques ancestraux en Kabylie. En suivant la règle collective, garante de la simplicité, on peut, individuellement et singulièrement, exercer sa liberté, afficher sa dignité d’être humain dans l’art d’habiter le monde.

À la fin de la conférence, un extrait d’article écrit par André Ravéreau a été lu, en écho à la discussion.

André Ravéreau, Architecture vernaculaire et effets plastiques, Poïesis, 1995

Cette qualité esthétique du vernaculaire à laquelle nous nous intéressons n’a pas été produite de la même manière que celle du monumental, où l’architecture consistait à faire de la représentation. Au contraire, l’esthétique du vernaculaire est celle du maçon qui n’a jamais eu la prétention d’en produire une, qui a construit sa bicoque sur toute la Terre, à travers tous les temps. Il y avait deux producteurs, maintenant, il n’y en a qu’un. Les architectes que nous sommes abordent aussi bien les programmes qui relèvent du vernaculaire que les autres; il n’y a pas de spécialiste. Ces choses qui se produisaient innocemment, nous ne pouvons plus les produire innocemment.

Donc pour faire des choses humbles, nous sommes obligés d’utiliser les démarches du faiseur de temple. Dans mon travail au CAUE de Lozère, je vois des permis de construire tous les 15 jours et on peut constater que ce maçon, ce charpentier qui au cours des âges ont produit l’esthétique dont je viens de parler, maintenant ne la produisent plus parce que justement la prolifération des matériaux, des techniques, les mettent dans un choix immense à faire. Et par rapport à la qualité du vernaculaire antérieur, on constate mondialement des indigences vraiment certaines. Quand il y a des volontés d’ostentatoire, elles sont maladroites et encore plus redoutables que l’absence de volonté. Aujourd’hui, le maitre d’oeuvre n’a pas le temps de s’approprier, de dominer le matériau comme il en a eu le loisir autrefois. […]

Une fois, je travaillais sur un projet et une étudiante qui m’avait souvent entendu parler m’a dit « Mais tu cherches la forme » et je lui ai dit « Oui, effectivement, je ne peux échapper à ce contrôle parce qu’il y a trop de choses derrière nous pour que je sois innocent et surtout parce que je n’ai pas suffisamment de certitudes comme en avait le maçon en faisant ces choses-là. Ce qui fait que je suis obligé de rechercher autour de moi des choses qui vont me rassurer et cela sans que je cherche à plagier ou à reproduire, mais je me dis : « Est-ce que ce sera aussi beau et aussi sûr que ce qu’il à fait ?

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